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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 17:03
 

Le Sénégal vient de gagner sept (7) places dans le classement général de la quinzième édition de Doing Business (Db) de 2018, comparativement au rapport Db 2017, passant ainsi de la place 147 à 140 sur 190 ; ce qui est une avancée certaine. Conclusion : on a avancé, nettement. Il y a des efforts énormes du gouvernement à saluer, avec les réformes majeures introduites dans l’environnement des affaires au Sénégal depuis 2015. Cependant, on se devrait plus pragmatique et tirer les conclusions pour avancer beaucoup plus les années à venir.

Doing Business utilise des indicateurs quantitatifs très pertinents pour comparer les pays notamment par rapport aux réformes et règlementations qui facilitent ou entravent l’environnement des affaires pour les petites et moyennes entreprises domestiques. Les réformes et réglementations analysées couvrent essentiellement onze domaines : le lancement des affaires, les démarches de permis de construire, l’accès à l’électricité, l’enregistrement de la propriété, l’accès au crédit, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, la gestion de l’insolvabilité et le marché du travail.

Aussi, même si le classement global est très important surtout pour les besoins de comparaisons et benchmarks sur le plan international, il l’est moins quand on regarde le Db de l’intérieur de nos frontières. Ce qui devrait nous interpeller le plus pour mieux tirer profit du rapport, c’est d’analyser notre position par rapport à chacun des critères établis pour comparer, surtout avec nos voisins de la sous-région afin de jauger et d’améliorer notre performance. Et pour cela, le projet Db a mis en place des indicateurs très accessibles pour la comparaison et surtout facile à interpréter. Ces indicateurs établissent des benchmarks qui mesurent le niveau de chaque pays par rapport aux onze critères sur une échelle de 0 (le niveau le plus bas) à 100 (niveau le plus élevée, ou niveau optimal). Cette échelle nous donne une idée claire de la distance à parcourir pour atteindre le maximum visé dans chacun des critères. Les scores dans les onze critères sont agrégés pour donner une appréciation globale des efforts à faire sur la même échelle.

Alors que dans le rapport Db 2017, le Sénégal avait eu un score global de 50,68/100 (à mi-chemin de la situation optimale de l’environnement des affaires, appelée score maximum 100), et n’avait gagné qu’un pas de 0,73/100 vers la bonne direction comparativement au classement Db 2016, dans le rapport Db 2018, le Sénégal présente un score de 53,06/100. Ce qui représente une avancée significative de +3,75 comparativement à Db 2016. C’est une excellente avancée, et c’est surtout là qu’il faut se féliciter des performances réalisées grâce aux réformes introduites progressivement dans l’environnement des affaires.

En regardant ce score global, le Sénégal vient de passer de la quatrième place (derrière le Ghana, le Mali et la Côte d’Ivoire) en Db 2017 à la troisième place des pays de la Cedeao devant le Mali et derrière le Ghana et la Côte d’Ivoire. Ce qui est à noter ici, c’est que le Sénégal est passé devant son voisin le Mali et a enregistré une très bonne performance globalement. Le Sénégal reste maintenant largement au-dessus de la moyenne des pays africain au sud du Sahara, même si la tendance globale de la performance dans la région est haussière (score moyen 49,51/100 en Db 2017 et 50,43 en Db 2018).

Généralement, les pays d’Afrique au sud du Sahara présentent des performances notables et progressives quand on regarde le critère relatif au lancement des affaires (score moyen 75,33/100 en DB 2017 et 76,82 en Db 2018, une progression de l’Afrique au sud du Sahara de 1.49 points en 1 an). La Côte d’Ivoire (91,38/100 en Db 2017 et 91,72 en Db 2018) et le Sénégal (86,07/100 en Db 2017 et 89,70 en Db 2018) viennent largement en tête sur les conditions favorables de création et de lancement des affaires pour les petites et moyennes entreprises domestiques. Le Sénégal a mis le paquet pour faire un saut très significatif vers la frontière optimale de 3,63 points, pour réduire son écart avec la Côte d’Ivoire qui est tête de file.

Pour les facilités de construction et démarches de permis de construire, l’Afrique au sud du Sahara a connu une baisse de performance comparativement à Db 2017, passant d’un score moyen de 57,75/100 à 56,91/100 en Db 2018. Le Sénégal a perdu sa deuxième place en Afrique au Sud du Sahara en Db 2018 (61,47/100 en Db 2017 derrière le Ghana uniquement) pour passer troisième en Db 2018 derrière le Ghana et le Cameroun, enregistrant du même coup une baisse de performance (59,11/100 avec une perte énorme de 2,36 points). Ce recul devrait bien être étudié par le gouvernement pour en trouver les causes et procéder aux réparations. Un critère dans lequel le pays avait connu un bond positif les dernières années et qui enregistre une baisse importante soudaine doit attirer plus que l’attention des autorités.

Par rapport à l’accès à l’électricité des petites et moyennes entreprises domestiques, c’est une des grandes faiblesses de notre région. L’Afrique au sud du Sahara présente une moyenne de qui stagne à 45,62/100 en Db 2017 et 45,91/100 en Db 2018. Cependant, le Sénégal qui était sous la moyenne dans ce domaine avec 44,51/100 en Db 2017, derrière même la Guinée, le Mali, le Togo et la Côte d’Ivoire, vient d’enregistrer une performance exceptionnelle pour se retrouver à la première place devant tous les pays de l’Afrique au sud du Sahara. Les reformes et mesures prises par le gouvernement dans le secteur de l’Énergie commencent à donner leurs fruits. Il y eu de grands changements dans la gouvernance de la Senelec et dans les volumes d’investissements pour l’augmentation de la capacité de production et la maintenance des centrales. A cela s’ajoute la réduction drastique du coût de l’électricité en 2017. Le Sénégal saute de 44,51/100 à 60,76/100, ce qui représente un gain de 16,25 points en seulement une année. Bravo !!!

Pour l’enregistrement de la propriété, l’Afrique au sud du Sahara présente des performances faiblement stables par rapport à 2017 passant d’une moyenne de 51,12/100 à un score de 51,71/100. Le droit de propriété est une dimension essentielle dans toutes les affaires pour assurer le développement de la propriété intellectuelle et l’innovation dans les activités économiques qui impactent positivement les plans d’affaire des Pme. Le Sénégal qui était sous la moyenne avec 49,6/100 en Db 2017, derrière la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire a aussi enregistré un bond de performance très important en Db 2018, passant à 55,41/100 avec un gain de 5,81 points. Des efforts énormes ont été faits dans ce domaine, mais le cap doit être maintenu par le gouvernement dans la facilitation de l’enregistrement de la propriété et de la propriété intellectuelle en général pour développer l’innovation dans les affaires.

Une des plus grandes béquilles dans l’environnement des affaires pour les Pme, c’est l’accès au crédit. A part le Ghana (65/100), les pays de l’Afrique au sud du Sahara sont très en rade, avec une moyenne 40,73/100 en DB 2018. Il faut cependant noter que la région a fait un bond qualitatif important par rapport à DB 2017 (37,5/100) avec un gain de performance de 3,23 points. Tous les pays de l’Uemoa sont encore au-dessous (avec le même score 30/100 en Db 2018) de cette moyenne qui est du reste très faible. A quoi servent la Bceao et le franc CFA si cette institution ne peut pas aider les gouvernements à mettre en place des politiques, reformes et surtout des moyens pour faciliter l’accès au crédit aux Pme dans notre union monétaire ? L’accès au crédit est une condition nécessaire pour le développement des affaires et le développement tout court, et doit être assuré pour garantir que les Pme se développent sur des routes qui assurent de meilleures conditions de notre émergence économique.

En guise de conclusion sur les performances du Sénégal dans le Db 2018, il faut se féliciter des performances notoires du pays en Doing Business et tirer le chapeau au Gouvernement pour les reformes et mesures importantes prises en 2017 pour assurer cette place honorable dans la région. Cependant, il y a encore beaucoup d’analyses qui peuvent découler du rapport Db 2018 (http://www.doingbusiness.org/~/media/WBG/DoingBusiness/Documents/Profiles/Country/SEN.pdf) qui est une mine d’information intarissable qui peut contribuer à alimenter les processus de prise de décisions sur les politiques économiques dans notre pays et la région Afrique.

Ce rapport doit être utilisé avec beaucoup de sérieux par nos décideurs. Pour en tirer profit, il faudrait faire dépasser le contenu simplement en termes d’information, mais le transformer en connaissances actionnables à partir de plateformes d’échanges et d’apprentissage efficaces pour déboucher sur des plans d’action tangibles et réalisables. Beaucoup de rapports pertinents sont produits par les institutions de développement et même par les gouvernements, mais restent généralement dans les tiroirs ou meublent les bibliothèques « d’arrière-plan de salon » de pseudo-intellectuels. On doit apprendre à les discuter, les utiliser, les opérationnaliser pour assurer un meilleur processus de prise de décision en présence de risques pour renforcer nos capacités d’atteindre les objectifs de développement.

Le rapport Db n’est quand même pas une bible et présente des limites certaines qui pourraient être comblées lors de ces séances d’apprentissage et de partage que je suggère. Il y a des aspects très importants que le Db ne prend pas en compte. Les indicateurs Db ne prennent pas en compte la stabilité macro-économique qui est quand même une dimension importante pour le développement des affaires. Notre pays enregistre une série de croissance économique annuelle importante qui tend vers 7% en 2018, ce qui est à considérer. Cependant, la maitrise de la dette publique est essentielle pour que cette croissance soit durable. Le développement du système financier n’est pas aussi pris en compte par le Db alors que c’est une de nos grandes faiblesses de la zone Uemoa due à l’inactivitivisme actif de la Bceao.

Le Db n’a pas pris en compte la qualité de la force de travail qui est essentiel pour une main-d’œuvre qualifiée et des Pme performantes. Le Db ne prend pas en compte les facteurs liés à la corruption qui font encore beaucoup de dégâts chez nous. Aussi, et plus important, le Db ne prend pas en compte la taille des marchés qui est une dimension essentielle pour le développement des affaires. Le manque de sécurité n’est pas aussi pris en compte, ce qui regrettable surtout dans le contexte de l’immigration clandestine et de terrorisme rampant.

Une autre limite très importante du Db, surtout pour le Sénégal qui mise sur le développement de l’agrobusiness considéré comme un pilier central du Plan Sénégal émergent (Pse), est que les indicateurs sont mesurés uniquement avec des Pme situés dans les grandes villes. Tout le monde sait qu’il y a une dynamique importante des Pme en zones rurales et au niveau des villes secondaires dans les chaines de valeurs agricoles qui ont été exclues des échantillons.

Bref, le Db est un rapport exceptionnellement riche qui présente beaucoup d’avantages s’il est très bien utilisé par nos décideurs à travers des processus d’apprentissage et de partage efficaces qui discutent en détails de ses implications en matière de politiques de développement mais aussi de ses limites.

Par Dr. Abdourahmane BA
Ingénieur Statisticien
Docteur en Management
Expert en Evaluation des politiques de 
développement
Email : Abdourahmaneba12@yahoo.fr
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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 17:44

"Construire aujourd'hui le puits qui va étancher la soif de demain."

Le Projet Eau et Assainissement de Danthiady a été lancé le 17 août 2014. "L’Association des Ressortissants de Danthiady en France (ARDF) et l’Association pour le Développement de Danthiady (ADDA) avaient sollicité et obtenu de la mairie de Val-de-Reuil, de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure (CASE) des subventions pour le financement du Projet Eau et Assainissement de Danthiady (PEAD) dont le coût global prévisionnel était de 123 645 180 F CFA, soit 188 495 euros".

 

"Pour rappel, l’objectif général du projet était de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de santé de la population de Danthiady. Plus spécifiquement, le projet visait l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Les objectifs avaient été déclinés en actions portant sur : - la réhabilitation des installations du forage ; - la réfection du château d’eau ; - l’extension et la densification du réseau d’adduction d’eau potable ; - la réalisation d’abreuvoirs ; - réalisation de bornes fontaines ; - la réalisation de puisards d’assainissement ; - le fonçage d’un puits ; - la réalisation de latrines", selon les termes du rapport final produit au mois de septembre 2017.

 

La coordination de cet ambition projet a été confiée à Abdoulaye Baïla Ndiaye, Président de  ADDA à l'époque (il a passé le témoin depuis). Choix ne saurait être plus judicieux, vu le cv  du bonhomme (à consulter ici https://youtu.be/6uKgNyF0QhU) : ancien Secrétaire général de ADDA aux côtés du regretté Amadou Sylla (ancien Président), il a assumé la présidence de l'association villageoise de 2011 à 2017. Ce Docteur d'Etat en biologie animale, spécialité entomologie et Chef de département de biologie animale à l'Institut Fondamental d'Afrique Noir (IFAN-Cheikh Anta Diop) connaît son terroir qu'il n'arrête pas de sillonner dans le cadre de ses travaux de recherches. Cette connaissance du terrain et l'expérience du pilotage de projet lui ont donné l'occasion de permettre à Danthiady de présenter un projet solide qui a su convaincre davantage les partenaires cités supra. Rappelons qu'en 2012, Mr Ndiaye avait animé une conférence à Val de Reuil dans le cadre de la Semaine de solidarité internationale intitulée "le Sahel, l'homme et le climat" (voir la vidéo ici https://youtu.be/B6QHN7DXDRs).

 

Pour ce qui est du résultat concrètement, c'est sur le terrain et auprès des populations qu'il s'apprécie : le réseau hydraulique a été remis à neuf avec acquisition de nouvelles machines à même de fournir aux populations le liquide précieux dans de bonnes conditions. Dans la préface du rapport final, l'ancien Président de l'ARDF, Mr Abou Aly Kane a tenu à rappeler, dans la genèse du projet, le rôle déterminant qu'a joué le maire de Val de Reuil, Mr Marc-Antoine Jamet qui a eu à séjourner à Danthiady au mois de février 2011. Mr Kane a tenu aussi à remercier "Mr Abdoulaye Baïla Ndiaye qui a suivi pour l'ARDF et pour l'ADDA (donc pour Danthiady) le projet, depuis l'idée...jusqu'à sa réalisation".

Danthiady et ses partenaires normands se sont ainsi donnés la main pour donner corps à cette maxime des gens du Sahel : "creuser aujourd'hui  le puits qui va étancher la soif de demain".

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 08:21

L'homme politique sénégalais Djibo Leyti Ka (DLK) est décédé le 14 septembre 2017 dans une clinique à Dakar des suites de maladie, le jour même de l'installation de la treizième législature à l'Assemblée nationale du Sénégal où il était député. Tout un symbole. Ses anciens camarades de parti, ses adversaires politiques, le Chef de l'Etat lui même, tous ont loué ses qualités d'homme d'Etat, de fin politicien. Des "chroniqueurs", pensant détenir seuls la Vérité, se permettent de douter de son exemplarité et traitent d'hypocrites ceux qui disent du bien du défunt (https://letemoin.net/2017/09/15/djibo-ka-une-trajectoire-de-tortuosites-politiques/).

Sauf que DLK n'a jamais trempé dans les affaires de détournement de deniers publics ou des histoires de mœurs. Jamais il n' a été inquiété par la justice de son pays. Et ça l'auteur de cet article tendancieux ne le rappelle pas. Il reproche à Mr Ka d'être un fin stratège parce que convaincu que la politique n'est pas un monde de bisounours. Oui il a servi tous les Présidents du Sénégal, de Senghor à Macky Sall qui ont tous loué son courage et sa connaissance des dossiers. 

En plus, dans la tradition sénégalaise et dans la culture musulmane, on ne dit pas du mal des défunts, on loue ses qualités et on prie pour le repos de son âme. Et ce n'est pas de l'hypocrisie mais de l'humanité.

Pour ma part, je vais juste reprendre la formule que la fille ou nièce du défunt a posté sur Facebook : "Djambar leliima" (le guerrier s'est couché). Les lâches peuvent maintenant sortir du bois. Comme Babacar Gaye du Pds, opposition (http://www.leral.net/Babacar-Gaye-du-Pds-rend-hommage-a-Djibo-Leyti-Ka-Yo-Allah-yurmo-mo-yaafoo-mo-A-Djimby-toute-mon-affection_a210475.html), j'ajouterai : "yo Allah yurmomo yaafoomo", que Dieu ait pitié de son âme.

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 12:12

C'est l'histoire d'un Cheikh aux racines peules, donc forcément originaire du Fouta et qui a préféré migrer vers le centre du  Sénégal. Dans son nouveau lieu de résidence, il est tellement vénéré et respecté pour sa sainteté et son érudition que certains disciples pensèrent que c'est le Cheikh lui-même qui les tiendra par la main pour les faire entrer au paradis.

Le jour du jugement dernier, tout le monde est là : les disciples du Cheikh, les parents peuls du Cheikh et le Cheikh lui-même. L'attente est grande, comme celle des candidats au bac qui veulent savoir s'ils sont admis ou pas. Le Cheikh dévisage tout le monde et dans un large sourire, se précipite vers ses parents peuls et lancent à ceux qui étaient supposés être ses disciples : nakhé mbaay (je vous ai dupé, en wolof).

Selon la rumeur à Gourel Foulbés, le village des Peuls, c'est de ce jour que certains traduisent le proverbe "neddo ko banndum" par "le peul n'a de parent que le peul" au lieu de la traduction  "l'homme est le remède de l'homme".

C'est à partir de ce jour aussi que Samba Poullo et ses cousins sont certains que le pulaar/peul est l'une des langues du paradis.

Raison pour laquelle, lui et ses autres amis bergers suivent toujours leur troupeau en sifflotant, heureux et sereins, parce que persuadés qu'ils font partie des élus !!!

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 11:09

Depuis quelques jours des "réponses" plus ou moins intelligentes sont adressées au Pr Hamidou Dia pour dénoncer ses propos "séditieux". Pourquoi ? Parqce que le Pr Dia a osé faire une photographie de la situation socio-linguistique du Sénégal en parlant de "wolocentrisme", de "cousinage à plaisanterie"... bref tout ce qu'on connaît et qui'on préfère dire ou taire (http://xalimasn.com/ethnicisme-vous-avez-dit-ethnicisme-par-pr-hamidou-dia/). Il a osé rappeler avec un second degré que beaucoup de commentateurs susceptibles ont préféré ignorer pour s'attaquer à lui à bras raccourcis : que le Wolof (la langue plus que l'individu) est possessif avec des expressions comme "sama peul" (mon peul), "sama sérère" (mon sérère), "sama toubab" (mon toubab). La lune serait wolof (werou wolof), le boubou est wolof (yéré wolof) et que les autres groupes ethniques sont des "lakk katt" (ceux qui brûlent ou ceux qui cachent, on ne sait plus).

 

Le tort du Pr Dia est d'avoir tenu ses propos au lendemain d'élections législatives tendues où des dérapages ont été constatés : une jeune chanteuse a insulté le Président sénégalais dans un groupe whatsapp pour pro-Karim Wade (le fils de l'ancien Chef de l'Etat). Ce qui constitue un délit, selon l'article 80 de la Constitution du Sénégal. Une jeune militante du parti APR (pouvoir) a répondu à des insultes à caractère ethnique : le bonhomme qui a fait un audio insultait les Peuls en les traitant de mauvais, d'étrangers au Sénégal et qu'ils devraient retourner d'où ils viennent. La jeune militante de l'APR a répondu à chaud par vidéo et a insulté outrageusement les Wolofs. Un délit aussi. Toutes les deux jeunes femmes ont été arrêtées et ont fait une dizaine de jours de jours de détention.

 

Mais pour certains ce n'était pas suffisant : la jeune chanteuse peut insulter le Président parce que c'est la liberté d'expression, mais que la militante du parti au pouvoir n'a pas le droit de "répondre" de la sorte. Donc la première devrait être libérée et la seconde devait être maintenue dans les liens de la détention. Il serait donc plus grave d'insulter une partie de la communauté nationale (ici les Wolofs) que d'insulter le symbole de l'unité nationale et première institution du pays (le Président de la république). Le Pr Dia a voulu donc attirer l'attention sur cette équation de nos "amis wolofs". Avec le second degré (qui n'est pas passé chez certains intellos susceptibles et autres snipers des réseaux sociaux qui font feu de tout bois du moment qu'il s'agit d'attaquer le pouvoir en place), la question semble être celle-ci : la communauté ethnique prévaut-elle sur la communauté nationale ? 

Il faut préciser que d'un côté la jeune militante de l'APR a droit, depuis qu'elle est sortie de prison, à des poèmes, des chants où on lui rend hommage d'avoir eu le courage de "répondre" aux insultes faites aux hal pulaar et de l'autre côté certains "intellos" sont persuadés que c'est depuis l'avènement de l'actuel Président de la République Macky Sall que les "problèmes ethniques" ont commencé. Ils oublient de préciser que c'est en 2012 que le Président Wade, sentant sa défaite venir, a commencé à distiller ce venin, qui rappelons-le, a détruit bien des sociétés. Dieu merci, le Sénégal semble pouvoir absorber les délires et autres dérapages de certains pyromanes politiques. Pour preuve, Wade a été largement battu aux présidentielles de 2012.

On devrait remercier le Conseiller spécial du Président de la République qu'est le Pr Dia d'avoir eu le courage de poser le débat. Il faut qu'on arrive à nous accepter avec nos défauts et surtout nos qualités. De toute façon, on n'a pas le choix, du moment qu'on évolue dans la même nation. Tant qu'on accepte de se parler, on y arrivera à ce "commun vouloir d'une vie commune".

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 22:15

La Une de la revue

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 20:41

Vendredi 07 avril 2017, à la Place de l'Obélisque, près de Colobane à Dakar, les membres du mouvement Y en a marre (YEM) ont rassemblé une foule importante mais très loin du million de personnes promis par leur coordinateur Fadel Barro.

Pourquoi manifestaient-ils ? Selon leur nouveau slogan "Lou eup turu" (trop c'est trop en wolof, ils auraient pu dire "Yoni" en pulaar, c'est plus court). D'après ces chevaliers servants de la droiture : au Sénégal, la santé, ça ne va pas, la justice est politisée, le pétrole qui est encore (sous terre) va être mal géré, gabegie, népotisme...En résumé tout est sombre au pays de la Téranga, raison pour laquelle, ils ont demandé à leurs troupes de venir habillées en noir. Une faute de com' ?

Qu'importe si le choix chromatique est mal inspiré, l'idée, c'est de faire le buzz et peindre négativement et abusivement la situation actuelle du pays. Pour donner de la force à leur manif, les amis du milliardaire américain Georges Soros (voir ici) ont reçu le soutien des opposants au régime du Président Macky Sall : le PDS de Wade, Rewmi de Idrissa Seck, Pastef de Ousmane Sonko... et les sans-papiers refoulés des USA depuis l'élection de Trump. Autant dire des personnes très objectives.

Sur les réseaux sociaux, certains pensent que les membres de YEM ne sont que "des cuistres qui se prennent pour des lumières" qui essaient juste de "justifier les financements reçus de leurs bienfaiteurs américains". "Ils n'ont plus aucune crédibilité, ils sont comme les hommes politiques qu'ils dénoncent : ils roulent pour eux-mêmes".

Sans atteindre leur objectif du million de personnes, les membres de Y en a marre participent, par ces manifestations, à la vitalité de la démocratie sénégalaise où on a un Président de la République, Macky Sall qui gouverne et une opposition/société civile qui s'agite.

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 08:53

Le 04 avril 2017, le Sénégal a fêté ses 57 ans d'indépendance. Dans la vie d'une nation, c'est un Etat jeune mais plein d'espoir pour l'avenir. Le fait le plus marquant de cette année, c'est l'armement lourd récemment acquis et exposé par les militaires lors du défilé. Le Président Macky Sall, le quatrième Chef de l'Etat depuis l'indépendance en 1960, avait promis de moderniser l'armée pour "lui permettre de faire face efficacement aux défis sécuritaires de notre époque".

Pour cette année, un détachement de soldats gambiens a fait le déplacement pour participer à la fête. La Gambie, pays frontalier voire enclavé dans le Sénégal, avait connu une élection présidentielle mouvementée dont l'épilogue n'a été possible que grâce à l'intransigeance du Président Sall, obligeant le "dictateur" Yaya Jammeh à céder son fauteuil, comme le veut la loi.

Sur la politique intérieure, des opposants sénégalais fourbissent leurs armes. Idem pour la société civile. Le mouvement Y en a marre (YEM), hier héros, aujourd'hui fortement décrié, compte manifester le 07 avril. Les membres du YEM que certains au Sénégal considèrent "comme des cuistres qui se prennent pour des lumières" espèrent mobiliser 1 million de personnes. Ce qui serait un sérieux avertissement pour le pouvoir en place depuis 2012. Mais réussiront-ils leur pari ?

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 20:42

BoobaBooba n'arrête pas de défrayer la chronique depuis son concert le 22 octobre dernier au monument de la Renaissance africaine à Ouakam, commune sise à Dakar au Sénégal. 

La star de rap française aurait déclaré que le "hip hop sénégalais est  comme le mouvement polonais : il n'est pas connu".  Il n'en fallait pas plus pour que rappeurs et animateurs sénégalais se déchaînent contre le duc de Boulogne, banlieue française. 

Pour Pape Cheikh Diallo, animateur à la chaîne de tv Tfm : "Booba...l'arrogant n'a qu'à rentrer chez lui en France". Rien que ça. Mr Diallo est entrain gentiment de dénier à Booba ses origines sénégalaises. En France, une personne publique aurait dit ça, on l'aurait taxé de raciste. Alors PCD raciste ? Non, pense-t-on. Il a juste réagi sur le coup de la "colère" qui, comme on le sait, est mauvaise conseillère.  Après lui, il y a eu la sortie des rappeurs Simon et NitDof. Pour le premier, faisant dans l'excès, il a carrément déclaré "la guerre" et jure ses grands dieux que Booba ne se produira plus au Sénégal, "à moins que lui soit en prison" et de faire dans des comparaisons les unes plus invraisemblables que les autres (voir https://youtu.be/v2y1XTXSqQA). Dans le même extrait, Olibi, ancien dj, devenu rappeur avant de retourner à ses premieres amours, s'égosille : "rap wolof mo dakk" (le rap wolof est meilleur). Pourquoi pas ? A-t-il seulement écouté le rap Rim et son pulaar châtié ? Nitdof, autre rappeur, s'interroge sur l'apport de Booba au rap galsen, avant de lui lancer sur scène des "fuck Booba" et de rendre hommage à Kery James plus respectable que Booba, selon Le Fou ( voir ici https://youtu.be/UYkMfzTsJjA). En fait, Nitdof fait exactement... ce qu' il est entrain de reprocher à Booba : descendre ce qu' il devrait soutenir.

Que penser de tout ça ? Que tous ces braves défenseurs de l'honneur du hip hop sénégalais sont des émotifs. Après les renois fragiles, babtous fragiles..., il y a dorénavant les Galsen fragiles. Pour une petite pique d'un "cousin français" (Booba est sénégalais, Soninke par son père), des représentants des médias et de la musique urbaine perdent complètement leurs moyens et commettent des dérapages.

Seulement Booba, en habitué des clashs, leur a déjà répondu dans son nouveau titre Dkr (https://youtu.be/KbYpghM6d-g), un son (1 million de vues par jour depuis sa publication, il y a 2 semaines) rendant hommage au Sénégal et pourquoi pas aux Sénégalais /Africains entreprenants : "je n'entends pas toutes ces hyènes, je suis devant un plat de tiebou diene ".

Un peu de douceur dans ce monde de brutes et de nombrilistes tout de même : une jeune et jolie femme sénégalaise a pris la défense du rappeur/businessman (voir ici https://youtu.be/z4z8JQP8Ioo).

Une go sure, pas du tout fragile, celle là. 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 20:26
L'information est parue le 30 septembre 2016. Le journal "Le Monde Afrique" informe qu'après le haoussa, Facebook est désormais disponible en langue peule (pulaar, fulfulde selon les régions)."A l’origine de cette version peul de Facebook, il y a Ibrahima Sarr, l’un des nombreux membres volontaires de la communauté de traducteurs", renseigne le journal. Il s'agit en effet de Ibrahima Malal Sarr, promoteur du site www.pulaagu.com et professeur dans un lycée normand, le "geek indigène" qui lutte contre l'analphabétisme sans se prendre au sérieux". Le peul devient ainsi la 101 ème langue disponible sur la communauté d'amis fondée par Mark Zuckerberg.
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