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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 15:36

Les feuilles ont jauni, les branches commencent à céder une à une. Mais le majestueux arbre reste toujours enraciné. Le groupe de musique Orchestra Baobab a été créé en 1966, sous l'instigation du neveu du président de l'époque, Léopold Senghor. Selon une version, (y en a d'autres sûrement), Adrien Senghor a pris contact avec Rodolphe Clément Gomis dit Rudy Gomis pour lui demander de monter un groupe de musique en vue de divertir la haute société sénégalaise de l'époque des années post indépendance. Le Baobab Orchestra s'est produit pendant plus d'une décennie avec des membres fondateurs comme le chanteur Rudy Gomis (Guinée Bissau), le guitariste Barthélémy Atisso (Togo), qui était venu au pays de la Teranga pour étudier le droit, le saxophoniste Issa Cissoko (Mali), le guitariste Latfi Bengelloun, d'origine marocaine résidant à Saint Louis. L'autre musicien, qui était membre du Miami Club de feu Ibra Kassé : Balla Sidibé.

 

Et de là donc, a démarré l'aventure du Baobab, qui était en fait le nom de la boîte de nuit où ces musiciens jouaient . Au milieu des années 80, les musiques afro-cubaines sont harcelées par la nouvelle vague appelée mbalakh et ringardisées. Le groupe se sépare, les membres se dispersent. Atisso le guitariste-arrangeur retourne au Togo pour devenir avocat, Gomis le chanteur se lance dans l'enseignement... C'est la traversée du désert musical, causée en partie aussi par une conception "communiste" de leur carrière. Il n'y avait pas de star qui émergeait. Ils étaient tous au même niveau et étaient poly-facettes (chanteurs, danseurs, choristes, batteurs, percussionnistes...)


Au début des années 2000, surprise, surprise. Un producteur anglais du nom de Nick Gold, patron du label World Circuit décide de relancer le groupe. Sûrement par l'entremise de la star planétaire Youssou Ndour. L'arbre majestueux est resté enraciné, juste les feuilles avaient jauni et donc, il suffisait d'un peu d'attention pour lui redonner une seconde jeunesse. Les musiciens ont repris le chemin des studios et se sont produits au quatre coins du du monde. Mais comme disait Renaud, le chanteur Français, « le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants». Il efface le sourire des adultes aussi. Le temps a fait donc son effet. "Aduna waawi mbiru, waawi mbaadi" (le temps érode la force physique et la beauté), dit-on au Fouta Toro (d'ailleurs titre d'une chanson éponyme du groupe avec Médoune Diallo). Depuis 2016, les disparitions s'enchaînent : d'abord, il y a eu le décès de Ndiouga Dieng en 2016, Issa Cissokho en 2019, Balla Sidibé en 2020, Barthélémy Atisso en 2021 et Rudy Gomis en 2022.

Pour les membres fondateurs du Baobab, c'est l'hécatombe. Il ne reste parmi le groupe originel que le bassiste Charlie Ndiaye qui, d'après la dernière interview de Rudy Gomis, serait devenu non voyant. Comme un signe du destin, dans le morceau « Ndeleng ndeleng » (les cinq y figurent), les musiciens entonnent son nom : "Charlie Ndiaye" (voir la vidéo https://youtu.be/q_S9OQtI8gA). C'est une merveilleuse aventure que celle de l'Orchestra Baobab (voir l'éloge en anglais dédié à Balla Sidibé https://medium.com/@worldcircuitrecords/balla-sidib%C3%A9-1942-2020-9244bc2076f5).

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