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7 mai 2023 7 07 /05 /mai /2023 16:33

Au début des années 2000, j'ai eu l'honneur d accompagner la diva Coumba Gawlo l'Officiel le temps d un week-end à Saint Louis et Louga.

C'était à l occasion de la fête de Tabaski ou korité (je ne me rappelle plus). En fin d après midi, mon téléphone sonne : c'est Coumba Gawlo elle-même qui m appelle me demandant si je pouvais venir avec elle. Elle devait se produire au Quai des Arts à Saint Louis et au stade municipal à Louga. Pareille demande ne se refuse pas. Je me suis dit : chaque année, c'est le même rituel. Je quitte HLM 5 où on habitait à l époque pour aller à Pikine rendre visite aux copains. Cette année, tu as la chance de changer d ambiance. Donc, je n ai pas hésité longtemps. 

Je devais la retrouver quelque part vers le Cices sur la route. Elle avait un véhicule Laguna (très propre, comme disent les vendeurs). C'est son frère qui conduisait, elle devant et l'épouse du frangin derrière.
A peine, j ai ouvert la portière arrière qu elle me dit tout de go : Ndiaye Diatta, ma ngui thi bleu bi, parlant de mon bazin bleu (korité oblige). Très flatté par son compliment, j ai palpé mes poches, que du papier et des stylos (à l'époque, j étais très souvent fauché), du coup, je lui ai rendu la politesse par un sourire et un merci.

Et nous voilà, tous les quatre en route pour le Nord.
J ai remarqué qu'elle savait mettre à l aise ses invités mais aussi qu elle était très famille. Sur le chemin, elle a fait un détour, je crois à Tivaouane pour dire bonjour à une tante ou une grand mère. Et on a continué le périple. Je disais qu elle avait une puissante Laguna et du coup, on finit par rattraper ses musiciens et techniciens qui prenaient des rafraîchissements sur la route. Ah là, c est la transformation : ce n est plus Coumba la souriante, mais Coumba la lionne. Avec fermeté, elle leur demandait de reprendre la route avec son fameux : allez, allez, faut speeder là..." 

Elle voulait éviter les retards. Une fois à Saint Louis, elle m a confié à son "manager" (c'est le gars qui s est présenté ainsi). Un mec cool, un peu original voire rock and roll. Il ne dormait pas. Il m a trouvé quand même une chambre à l'hôtel. Bonne ambiance. Le lendemain, j ai croisé l ancien musicien du Xalam Henry Guillabert et l acteur français et sénégalais Richard Bohringer (il a la nationalité sénégalaise) qui devaient rencontrer la chanteuse.

Et puis cap sur Louga, au stade municipal. Là encore, j ai accompagné Coumba Gawlo rendre visite à la famille de l iconique personnage Djily Mbaye. Ce n est pas une maison qu ils ont mais un Palais, vraiment. Une bâtisse immense avec des décorations comme dans les Palais.
Pour le concert à proprement parlé, je me rappelle des tracasseries de l équipe municipale qui demandait au "manager" des garanties pour ci ou cela, une pièce d identité pour tel ou tel papier. Une vraie prise de tête comme savent le faire ceux qui travaillent dans l administration publique. Un geste qui m avait fait sourire : après d intenses négociations, pour la pièce d identité, le "manager" a tendu dans un geste théâtral une vielle carte d identité dont la date de validité était dépassée. L agent municipal n'y a vu que du feu. Et puis tout est rentré dans l ordre et place au concert qui s est déroulé dans une ambiance festive. 

Retour sur Dakar. Avant de se quitter, je me rappelle qu elle m avait prodigué des conseils notamment en milieu professionnel, sur les pièges à éviter, les fausses amitiés, etc. On sentait que c'est l expérience qui parlait. 
Et jusqu'à mon départ du journal, à chaque événement, je recevais mon invitation, pareil pour le nouvel An. Elle prenait soin d'y glisser sa photo dédicacée avec des mots d encouragements ou de motivation.

Illustration musical : la chanson "Siyo" (le clip intégral ici https://youtu.be/8-Iibqpwsno)
 où elle rend hommage aux awlube (griots) du Boundou. 
Pour la petite histoire, il faut se dire que les musiciens sénégalais qui portent l appellation Gawlo dans leur nom de scène ou se réclamant ainsi, le font pour dire leur ascendance pulaar. C'est le cas, outre Coumba Gawlo, Aïda Samb, d une certaine manière Youssou N'Dour (par sa mère)...

 

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