Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 10:18

Mercredi 18 mai, Maisons-Laffitte dans le département des Yvelines, en région Ile de France. Début d'après-midi. Température caniculaire, mais il faut honorer les nombreuses rencontres du jour. Le Directeur de l'hôpital Dalal Jamm a rendez-vous à l'ESSRIN (Etablissement de soins de suite et de réadaptation et Institut de néphrologie) avec le Directeur dudit établissement, Mr Jean-Louis Martin (photo 1). Au menu des discussions, un partenariat entre les deux structures, transfert de compétences, « échanges et partage des bonnes pratiques ».

 

« Découvrir de nouvelles manières de faire est toujours bénéfique », a expliqué Mr Moussa Same Daff qui espère élargir son « réseau » en vue de réduire le gap sanitaire et le coût des soins pour permettre à plus de patients d'y avoir accès.

Mr Daff, dans son plaidoyer, a informé que le Président de la République du Sénégal souhaite élever le niveau de l'hôpital DJ, un hôpital universitaire, au niveau 4 dans le but de dispenser des « soins pointus ». En effet, "depuis qu'il est à la tête du pays, le Président Macky Sall s'est énormément investi dans le domaine de la santé. Les responsables des structures sanitaires doivent ainsi l'accompagner dans le cadre de la coopération internationale.

Après ces fructueux échanges, il s'en est suivi une visite guidée de l'établissement par le Directeur, accompagné du Dr Morel.

Pour donner un cachet solidaire à cette rencontre, il y avait la présence de Mr Saidou Thiam, militant associatif.

(Mise à jour) La visite s'est poursuivie ce jeudi 19 mai, avec les rencontres avec le Directeur de l'hôpital du Vésinet (photo 2) et celui de Poissy-Saint Germain en Laye (photo 3).

 

 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 05:57

Mardi 19 avril 2022, on m'a informé par WhatsApp que la grande soeur Hapsa Amadou n'est plus. Elle est décédée ce jour à Bamako, au Mali.

C'était la douceur même, avec un côté maternel très marqué. On ne s'est jamais rencontré physiquement, juste des appels téléphoniques ou vidéos. Elle était Malienne.

Mon père, paix à son âme, était Sénégalais. Son frère aîné, feu Amadou Aliou Ndiaye était Malien. Comment est-ce possible ? Sûrement que cela remonte au du temps de la scission de la Fédération du Soudan en 1960 qui regroupait l'actuel Mali et l'actuel Sénégal. Le père Amadou a choisi de vivre au Mali et de devenir Malien. Du coup, toute sa famille y réside.

Mon défunt père avait toujours nourri le souhait de le ramener au Sénégal, mais les aléas de la vie ont fait que ce projet n'a jamais vu le jour. Avec mon père et son frère, leur fratrie comptait aussi deux tantes, toutes les deux vivant au Sénégal.

Pour revenir à Hapsa, je crois qu'elle était venue à  deux reprises au Sénégal, à Danthiady pour voir mon père, quand il est revenu du Congo Brazza. La seconde fois, c'était à la suite du décès de mon père en 2016.

Depuis, elle avait récupéré mon numéro de téléphone et on s'appelait souvent.

Elle commençait toujours par un "hayyoo Ablay baaba Ibrahima" ou "Ablay baabam" (cette exclamation peule pour accueillir les êtres chers).

"No sukaabe am mbadi" (comment vont mes enfants)?, "No jom suudu am wadi" (comment va mon épouse ?). 

Elle rappelait sans cesse sa joie d'entendre ma voix (c'était réciproque), ça la faisait "revivre", disait elle ("mi wuurtii hannde"). Après avoir demandé des nouvelles de toute la famille, ceux résidant en France, en Espagne, au Sénégal, elle finissait toujours par exhorter au courage, à l'unisson et priait pour qu'un jour, on puisse se rencontrer pour de vrai  "yo Allah wad'en yidube" (Dieu fasse qu'on puisse se rencontrer un jour).

Paix à son âme. Une immense tristesse m'a envahi à l'annonce de son décès. Hier, quand j'ai appelé là-bas, chez elle à Korkodiel (Mali) pour présenter les condoléances, son frère Ousmane, après les prières d'usage, a supplié la famille du Sénégal de ne pas faire le déplacement. La situation politique et sécuritaire, en effet, est tendue, suite à l'embargo de la CEDEAO et ces tueries insensées dans le Centre du Mali. Vraiment triste.

Si Dieu le veut, j'irai au Mali, mais avec l'amer goût d'avoir raté un rendez-vous, des retrouvailles fraternelles.

Partager cet article
Repost0
3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 11:38

PULLO, QUI ES TU ?

--- Qui es tu peul malingre à la peau rougeâtre et au nez aquilin ?
     Je suis l'ancêtre Buytooring qui avait quitté l'orient pour le Nil
     Je suis le pharaon qui avait élu domicile à Thèbes et à Memphis
     J'ai laissé mon empreinte en Nubie et dans la vallée du Rift
     J'ai parcouru le Darfour en me dirigeant vers le Baafour
     J'ai traversé tout le Sahel, d'est en ouest, du Nil au Sénégal.

---Qui es tu peul buveur de lait frais et gardien des troupeaux ?
    Je suis Ilo Yaladi Djaayé Saadiga Saangré Bodéwal Maagama
    Le frère jumeau de Caamaaba, le python propriétaire des vaches
    Je suis le premier à être initié aux secrets pastoraux par Kuumen
    Je suis celui qui a traversé les douze clairières et dénoué la corde
    Aux vingt-huit nœuds, celui qui connait le véritable nom du bovidé.

---Qui es tu peul au bâton de Nelbi et au sassa rempli d'objets énigmatiques ?
    Je suis le Gando, connaisseur des choses de la brousse, le Silaatigui maître
    De la voie, celui qui lit l'avenir sur la robe des bovidés,  celui qui entend
    Le langage des animaux, des végétaux et des minéraux, celui qui connait
    Les secrets des plantes qui guérissent les maux des humains et des animaux
   Je suis celui qui fait les offrandes à Guéno et à ses hypostases.

---Qui es tu peul aux multiples tribus disséminées sur cette terre ?
    Je suis le Bodaado du Niger et du Tchad, au guérowol si coloré
    Je suis le Bolaaro du Maasina et du Kindi, à la lance si redoutable
    Je suis le Ngirlaajo de haayré et de Thikite, le Nduyeejo du Fuuta Jallon qui trône
    sur les Jappérés au milieu du grand Batu couronné d'un  joli Léefol
    Je suis le Péréejo du Ferlo qui a migré jusqu'aux rives de la Bénoué.

---Qui es tu peul au destrier bien harnaché et au sabre bien tranchant ?
    Je suis Koli Tenguéla le Jaalaalo, premier Satigui du FuutaTooro
    Je suis Silaamaka Yéro Eero Daandé, fils de l'Ardo Maasina, celui
    Qui a libéré les siens du joug des cruels rois Bambaras de Ségou
    Je suis Yéro Maama Galo, terreur des oppresseurs des éleveurs
    Je suis Amadu Sam Polel, Umarel Sawa Donndé, maîtres de la razzia.

---Qui es tu enfin peul, dans ce monde d'aujourd'hui si uniformisé ?
    Je suis celui qui parle le Pulaar à l'ouest et le Fulfuldé à l'est
    Cette langue dont la sonorité évoque le chant des rossignols
    Je suis celui dont les faits et gestes sont dictés par le Pulaaku
    Ce code de conduite qui m'est cher et dont la perte me sera fatale
    Je suis enfin l'héritier de cette histoire qui a fait de moi ce que je suis.
Ardo Jerri SOW.

Partager cet article
Repost0
27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 15:49

Depuis presque son arrivée au pouvoir, Poutine n était pas d accord qu une seule puissance (Usa) dirige les destinées du monde. Il n était pas d accord que l Amérique seule décide. Il l a fait savoir à maintes reprises. On l écoutait d une oreille distraite.

L URSS a été vaincue par le camp occidental. Poutine l a mal vécu mais est resté assez lucide pour dire : "celui qui ne regrette pas l Union soviétique n a pas de cœur ; celui qui veut la faire renaître n a pas de tête".

De leur côté, les Occidentaux élargissaient l Europe et l'OTAN aux anciennes républiques soviétiques.
Poutine avertissait que la ligne rouge, c'est l Ukraine : "la Russie n avance pas vers l Europe (OTAN), mais l OTAN s approche de nos frontières."

Le camp occidental a fait la sourde oreille avec la révolution de Maïdan en 2014 qui a vu le départ du Président pro russe Viktor Ianoukovytch.

 Réplique de Poutine : l annexion de la Crimée et l éclatement de la guerre dans le Donbass (est ukrainien majoritairement russophone). Il vient de reconnaître ces républiques russophones. De fait, l Ukraine est amputé d une partie de ses territoires.

Mais en réalité, on assiste en direct à "la réforme de la gouvernance mondiale". Le leadership de ceux qui dirigeaient le monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (Usa et Europe) est contesté par la Chine et la Russie.

Et cette fois ci, ces deux pays se sont bien préparés. Ils ont l argent (la Chine surtout), la technologie (les deux) et les armes (la Russie plus que la Chine). La Chine est entrain de rattraper son retard au niveau de l armement par rapport aux USA. La Russie est au top de ce qu on appelle la "guerre hybride" avec ses soldats de l ombre que sont les hackers et autres trolls qui auraient "influencé' les élections aux USA et favorisé Trump (ce dernier vient de déclarer que Poutine est un génie). Il s y ajoute "l armée fantôme de Poutine", le groupe Wagner.

Un universitaire chinois déclarait que le 21 siècle dépendait de ces 3 puissances : Usa, Russie, Chine. Si elles optent pour l affrontement, "tout le 21 siècle ne sera qu affrontement".

Partager cet article
Repost0
27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 15:44

Le meilleur buteur de la Can 2021 (jouée en 2022) avec 8 réalisations, comme beaucoup de footeux, est polyglotte.

On l a tous entendu s exprimer en fulfulde (sur une chaîne camerounaise). Certains ont pensé qu il était peul. Pas forcément. Poularophone ? Sûrement.

Il faut savoir qu il est originaire du Nord du Cameroun, de Garoua. Et là bas, beaucoup s expriment en fulfulde sans forcément être peul.
Un Camerounais que j avais rencontré à Paris, avec qui je discutais en pulaar (fulfulde), il m a précisé qu il n était pas peul mais qu il comprenait bien et m a sorti cette blague de là-bas : "fulfulde ummi Maroua (extrême nord), fayii Garoua tampi, yettii Ngaoundere maayi".
En résumé, la pureté de la langue peule décline en quittant Maroua via Garoua pour finir à Ngaoundere.

Les langues en disent long sur la mentalité de l individu. Plus l'individu en maîtrise, plus il est ouvert d esprit et a plus de facultés à aller vers l autre et à s adapter.
Si on reste dans le milieu du football, notamment Sénégalais, le cas le plus emblématique est celui de Keita Balde. Il avoue parler au moins six langues :  espagnol, italien, anglais, français, portugais (un peu) et le pulaar, parce qu il est "poul", dit il.
Avec cette contraction de peul et poular ainsi prononcée, l attaquant Sénégalais s est attiré les moqueries de certains internautes. Les intolérants.

 A ses débuts avec le Sénégal, il ne parlait pas un traître mot de français et maintenant il s exprime couramment. Il est à féliciter pour son intégration. Du groupe, il fait partie des plus cool et faciles à vivre, parce que très ouvert et blagueur.
Dans son interview par le sponsor des Lions, il disait aimer les langues, dans une autre, sa maman disait, qu enfant, Balde "parlait beaucoup".

Une orthophoniste chez qui j emmenais ma fille me confiait que c est une bonne chose qu un enfant soit bavard : "un enfant qui parle beaucoup est un adulte qui s exprime bien".
Sachant que la parole est pouvoir...

Partager cet article
Repost0
17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 19:07

Un pur poète de la chanson populaire pulaar s'en est allé

 

Comme ses illustres prédécesseurs qu'étaient Samba Diop « Leele », Thioukel Sam..., Sammba Hammaat Gaajo a connu un réel succès dans le Fuuta-tooro, mais il est resté inconnu du Bureau Sénégalais du Droit d'Auteur (BSDA) et quasi méconnu des médias nationaux (publics et privés). Clandestinement, comme le fut son existence artistique, ses fans pleurent sa disparition.

 

Né à Ndiafane Sorokoum, dans le Bossea, dans l’actuelle région de Matam (Nord-est du Sénégal), Sammba Hammaat Gaajo a commencé à chanter en 1984 avec un groupe appelé « Momti gondi » (sécher les larmes en pulaar). Après un succès relatif dans les villages environnants, le groupe se sépara. Pour pouvoir continuer à faire le métier qu'il aime, Sammba Hammaat créa avec ses nouveaux compères un ensemble nommé « Tinndiinoore Fuuta » (Eveil Fouta). C'est avec ses nouveaux musiciens que sont Sileymane Samba Malal ou Siley Hoogeere (choriste), Abda Niang (hoddu), Chérif Samba Sy (guitare) qu'il connut le succès dans tout le Fuuta-Tooro.

 

Il n'est pas un village du pays pulaar qui ne connaît pas « Sammba Hammaat », même si, malheureusement pour l'artiste, les cassettes qui ont fait sa notoriété ne sont quasiment jamais sorties dans un circuit légal. C'est toujours sur invitation d'un fan qu'il se rend au village de celui-ci pour faire un « hiirde », le soir donc, enregistré avec un magnétophone. Et après, de bouche à oreille, la cassette va être copiée de façon artisanale et en toute illégalité. Pour ce support audio, Sammba Hammaat ne pouvait pas faire valoir les droits d'auteurs. Des années avant lui, Thioukel dénonçait les « banda simminam », les fameuses cassettes « piratées ».

 

Les générations futures auront tout de même la chance de mettre un visage sur son nom, puisqu'en France des producteurs, à l'instar de Samba Ganghe, ont sorti (du vivant du chanteur) des DVD regroupant sous forme de clips ses airs les plus connus. Dans ces vidéos, on connaît mieux l'artiste qui y raconte son parcours. On y apprend qu'il n'a pas vécu longtemps avec son père, c'est donc le frère de celui-ci qui l'a éduqué. Et comme le veut la tradition au Fuuta, c'était mal vu qu'il chante, puisqu'il n'est pas « ñeeño », mais il a défié avec politesse l'autorité de son père de substitution pour chanter, lors du jumelage de son village avec celui de Agname Goli.

 

Comme beaucoup de gens de la vallée du fleuve du Sénégal, il a un amour réel pour le « Rewo », la Mauritanie (voir https://youtu.be/ikVGAy-l8cQ). Pour les riverains du fleuve frontalier, de part et d'autre du cours d'eau, c'est une même entité culturelle et géographique. Quand on est sur l'une des rives, on aperçoit les gens de l'autre côté, comme des voisins. Son principal inspirateur dans la chanson est Daouda Samba Dièye, originaire de Diaranguel. Il vit, aujourd'hui, en France et se produit régulièrement, avec son hoddu, dans les mairies ou sur invitation des associations culturelles.

 

Pour les inconditionnels de la culture populaire fuutanke, la disparition de Sammba Hammaat est une grande perte. Dans les clips laissés à la postérité, ce sont tantôt des images nostalgiques du Fuuta d'hier, avec des bâtiments en argile, avec des chèvres, des moutons, des vaches qui gambadent tranquillement dans les maisons, tantôt lui et ses amis en pirogue sur le fleuve ou assis sous un arbre dans un des champs du waalo. Il a été au début des années 1990, un grand dénonciateur du régime répressif de Maaouiya Ould Taya, l'ex-dictateur mauritanien à qui il reprochait, dans l'un de ses morceaux de pratiquer « l'apartheid » en Mauritanie. Son engagement n'aura pas été vain puisque celui-ci fut renversé par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall en 2005.

 

Poète et philosophe, il chantait que « l'humain aime faire le résistant, alors qu'il est ultra-vulnérable/ l'humain c'est la fleur qui finira tôt ou tard par se faner, les feuilles tomber et se disperser dans la terre/ l'humain ne sait pas quand est-ce qu'il quittera ce bas monde : le jour ou la nuit ? / Ma soeur bien aimée, Coumba s'en est allée par une nuit tristement éclairée par les lampes de ceux qui l'accompagnaient dans sa dernière demeure »  (voir https://youtu.be/h-jzUOYBfm0).

 

Il ajoutait que : « Accéder à des niveaux de responsabilité qu'on n'espérait pas obtenir ne doit pas faire oublier à l'individu d'où il vient/ Celui qui veut être respecté doit pouvoir rendre des services utiles à ceux qui en ont besoin ». Fils de Hamady Fati et de Haby Yéro, né Thiouballo, il reconnaît ne pas connaître grand-chose du monde des pêcheurs. Il a été plus berger qu'autre chose. Un tantinet grivois, mais sans jamais attendre le niveau extrême d'un Thioukel Sam, il ne se gênait pas pour sermonner les femmes du Fuuta sans oublier de rappeler aux hommes leurs devoirs envers leurs épouses.

 

Inutile de dire que ses « conseils » touchaient un large public dans le Fuuta. Il faudra beaucoup d'abnégation au groupe « Tinndinoore Fuuta » pour se relever. Quelques mois avant la disparition de Sammba Hammaat, c'est Abda Niang (hoddu), originaire de Wuro Sire, qui décédait.

 

Source : Voir les DVD « Samba Hamaat Gadio », Vol. A, produit par Samba Ganghe et « Sammba Hammaat Gaajo e Tinndinoore Fuuta », volume 2, produit par Ets Yéro

 

 

Partager cet article
Repost0
27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 11:52

La coqueluche de la musique sénégalaise est aimée et adulée par ses fans. Ses chansons qui évoquent les histoires de cœur entre jeunes décrit bien le vécu de la jeunesse tiktokeuse. C’est un reporter des drames sentimentaux des plus jeunes. A l’instar d’un Tupac (comparaison audacieuse) qui romançait la vie des gangsters de quartier qui était lui aussi aimé et adulé, Wally n’arrête pas de faire des va et vient entre la scène et la Police.
Il y a quelques semaines, son nom était cité dans une affaire de vol de véhicules ou de terrain.
Juste avant de faire face à un public à Ourossogui, il sortait de garde à vue la veille où on reprochait à ses danseurs de s’être embrassés (ce qui n’est pas le cas bien sûr). Dans le feu de l’action de pas de danse trépidants, ils ont mimé une embrassade, juste pour leur show. Des officines, apparemment gardiennes des mœurs (qui les a mandatés ?) ont porté plainte. Et les danseurs de Wally, Ameth Sam et Eumeudy Badiane après la garde à vue, dorment depuis en prison.


Exagéré comme « sanction ». Au Sénégal, certains, les plus sonores en tout cas, voudraient que des saltimbanques aient le même sérieux qu’un khalife général. Erreur. Si on n’y prend garde, on est entrain de faire le lit aux religieux extrémistes. Sous prétexte de lutte contre la vulgarisation de l’homosexualité, on bride nos artistes. Même en Arabie Saoudite, patrie de l’islam rigoriste, on est entrain de desserrer l’étau. Au Sénégal, pays de la Teranga, on est entrain de tourner le dos à ce qui faisait notre singularité : la tolérance.
Laissez nos artistes faire leur métier : divertir. Aux Usa, l’industrie de l’entertainment (divertissement) est pourvoyeuse de millions d’emplois. Au Sénégal, on veut en faire un marche-pied pour la prison. Faut refuser.

Partager cet article
Repost0
8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 17:19

 

Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition

Revue de l'Ardf : deuxième édition

 

Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Revue de l'Ardf : Première édition
Partager cet article
Repost0
9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 11:03

08 MARS 2021

Au Sénégal, en 2021, il n'est pas facile :
D'être jeune
D'être une jeune fille
D'être une jeune fille orpheline de modeste condition
D'être une jeune fille orpheline de modeste condition et oser porter plainte pour viol contre un homme politique de premier plan.

Parce que le MONSIEUR, fin stratège, peut manipuler une jeunesse désœuvrée, endormir les intellectuels les plus perspicaces, embrouiller les religieux les plus désintéressés, inhiber les complaintes des féministes les plus courageuses...pour crier au complot. Et ça à l'air de fonctionner. 

Quelque soit l'issue de cette affaire, Adji Sarr en est la principale victime. Elle est déjà dans l'Histoire.

Notre justice indépendante (j'y crois) devra jouer un habile numéro d'équilibriste : instruire l'affaire (pour respecter les droits de la plaignante) sans donner l'impression de marcher dans un complot (pour calmer la situation).
 
Ce sera une belle occasion de redorer son blason aux yeux de ceux qui pensent qu'elle marche à deux vitesses. 

C'est la Journée de la Femme mais celle-là qui défie les grands hommes.

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 11:31

Par Dr Mamadou Ibra "Siikam" Sy

Poser une telle question c'est déjà avouer que nous abordons un sujet sensible parce que malheureusement, nous vivons dans un univers où le rejet de l’interrogation est souvent érigé comme un rampart pour cacher l'ignorance de ceux qui prétendent connaître. 

Pour la plupart des musulmans, l’ignorance de la religion musulmane, de sa charpente et de sa sève religieuse pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs dont les plus éminents nous semblent être l’attitude des premiers interprétateurs, la peur d’une possible jungle d’interprétations, le désir de garder le monopole de la connaissance, l’analphabétisme et la non maîtrise de la langue originelle de l’islam par les populations africaines. Ces facteurs ont certainement fini par emprisonner l’islam et son interprétation dans un cadre interprétatif primaire et restrictif. Or, cette interprétation primaire, dans son contexte africain, avait pour objectif, d’éloigner l’Africain nouvellement converti, de la réalité religieuse et linguistique qui l’avait vu naître, l’avait façonné, avait guidé ses pas jusqu’ici et à laquelle il reste émotionnellement attaché. 

Depuis quelques jours, une vidéo circule sur l'internet dans laquelle on voit une foule, d'hommes et de femmes, prier en peul. Quelques mois plus tôt, c'était une autre vidéo qui montrait une scène presque similaire mais dans une langue qui serait le malinké. Même si nous ignorons les lieux où ces images ont été filmées ou les dates de capture, leur existence ne peut que susciter un intérêt intellectuel majeur. En effet, elles seraient les prières manifestations récentes, connues et visibles, d'un début de révolution linguistique au sein de l'univers islamique noir et africain. 

Bien sûr que les masses à convaincre sont encore énormes et le degré d'acculturation encore tristement profond. Mais de plus en plus, certaines populations et certains leaders religieux africains prennent conscience de la nécessite d'ériger un mur entre le véhicule linguistique originel et le message de la religion. Cet élan réformiste ou progressiste n'est pas un défi propre et exclusif à l'islam et aux défenseurs du puritanisme islamique originel. Les autres religions dites modernes n'ont pas échappé à ce sort même si leur bond linguistique a eu lieu des siècles plus tôt. 

Presque partout, au départ, certains ont pris la langue de leur prophète comme étant la langue de la Divinité et de la religion. Voilà la racine du mal. En "humanisant" la Divinité, consciemment ou pas, mais très souvent consciemment, les interprétations ont donné un cachet religieux à des aspirations terrestres, humaines et égoïstes. 

Les premières populations à embrasser l'islam n’ont jamais voulu accepter l’existence d’une ligne de démarcation entre la religion de l’islam et la langue arabe. Elles ont partout voulu user de l’argument religieux pour faire avancer un agenda idéologique et linguistique qui en fait n’avait rien d’islamique. Aujourd'hui, l'argument religieux est renforcé et peut-être même remplacé par un complexe linguistique nègre. 

Progressivement, on fit de l’arabe, la langue du Prophète de l’islam (PSL) et du contenu du Livre saint, un outil de domination des masses noires. On a voulu prendre le contenant originel comme étant inamovible. Et toute tentative de substitution du contenant a été vite interprétée comme étant une déviation du contenu, une menace au message. Leur argument fallacieux est simple; en canalisant les interprétations, on "sauvegarde" le message originel. En réalité, la véritable raison de cette résistance,  de cette obstination, est à chercher dans la volonté de maintenir le pont linguistique créé entre l'islam et la langue arabe.   

Mais cette peur, réelle ou imaginaire, de l'interprétation on ne peut la comprendre sans remonter au début de l’islamisation du continent noir. L'islam présenté aux Africains n'est pas simplement une religion, c'est aussi une langue et une culture. C'est à ce niveau qu'on comprend l'élan de pyramidisation des langues. En effet, lorsque l’islam a franchi l’Arabie pour la terre de Fari, les populations arabes, semi-arabes et berbères arabisées ayant embrassé la nouvelle religion ont trouvé dans cet imbroglio linguistico-religieux une raison de plus pour promouvoir la langue arabe au détriment des langues africaines. On assista alors à une interprétation mono-linguistique du message divin. C'est alors le début de la fossilisation linguistique du message divin.  

Mais il faut rappeler ici que lorsqu’un prophète est choisi parmi un peuple, c’est d’abord pour s’adresser à ce peuple à travers sa langue. La langue de ce prophète doit donc forcément être la langue de rédaction de son message. Historiquement et chronologiquement, la langue arabe a précédé l’islam. Et puisque le Prophète de l’islam (PSL) était un Arabe, la logique voudrait que son message soit en arabe ; l’écriture originelle de cette religion aussi. Cela ne voulait nullement signifier que la langue arabe était supérieure aux autres langues. 

En fait, dans l’histoire de l’humanité, le Prophète de l’islam (PSL) est le seul à utiliser l’arabe pour véhiculer son message ; les autres avant lui ont utilisé d’autres langues pour véhiculer le message divin et s’adresser à leurs peuples. Donc, le message des autres prophètes de l’humanité a obéi à cette même règle et à ces mêmes normes. Il ne pouvait en être autrement. En effet, comment voudriez-vous envoyer un prophète hébreu chez des Peuls pour s’adresser à eux en hébreu et espérer l’adhésion en masse des descendants d’Ilo Yaladi ? 

Pour ce qui est de l’islam, le choix de l’arabe comme véhicule de communication répond simplement à cette logique historique et linguistique. Tous les prophètes de l’humanité ont reçu leur message dans leur langue maternelle pour s’adresser d’abord à leur peuple. Mais lorsque le message divin atteint l’universalité souhaitée, la langue du message originel devient secondaire par rapport au contenu du message. De ce fait, une xutba en arabe n’est pas supérieure à une xutba en français ou en anglais. Un verset lu en arabe ou en peul ne changerait rien du tout au message véhiculé. 

Si nous acceptons que tous les humains sont nés égaux, qu'ils sont tous des créatures de la même Divinité et que toutes les langues sont égales, alors le choix de la langue de lecture du Coran ne doit point poser de problèmes. Rejeter le choix d'une langue autre que l'arabe, c'est remettre en cause le fondement même de l'islam. 

Pour rappel, le Dieu de l’islam n’utilise pas le prisme de nos stratifications sociales ou linguistiques pour primer, réprimer ou supprimer. Et Il n’opère point de stratification linguistique sélective. 

Siikam Sy

Partager cet article
Repost0